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22/09/2019 21:29
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ENERGIE SOLAIRE : Quand les femmes vont en Inde pour découvrir les secrets du solaire  

Six femmes, ressortissantes des villages de Jézira, Gharve et Mouftah El Kheir, ont partagé; jeudi, au cours d'une journée de sensibilisation sur l'énergie solaire, au village de Jézira relevant de la commune M'Balal (département de Keur Macène), avec leurs sueurs du Trarza, du Gorgol et du Brakna, l'expérience qu'elles ont acquise dans ce domaine en Inde où elles ont séjourné de janvier à juillet 2008, grâce à l'appui de la Fédération Luthérienne Mondiale (FLM). Il faut noter que 252 panneaux solaires seront installés très prochainement dans ces villages à raison de 84 dans chacune de ces localités concernées.
L'objectif de cette journée était de permettre à ces femmes de partager leurs expériences avec leurs sceurs du Trarza mais aussi celles du Brakna et du Gorgol. Il s'agissait, selon M Béchir Ould Séyid, président du Réseau des Droits Humains et du Développement du Trarza, organisateur de cet événement, d'expliquer les conditions qu'il faut remplir pour bénéficier de ce projet et de le vulgariser dans d'autres localités.
Dans son mot de bienvenue, le maire de M'Ballal s'est d'abord réjoui du fait que trois villages de sa commune bénéficieront, sous peu, de l'énergie solaire. Il a, en outre, félicité ces six femmes pour avoir été les premières mauritaniennes à accepter d'aller se faire former dans un pays aussi lointain, malgré toutes les pressions sociales qu'elles ont dû subir. Il a enfin remercié la FLM pour son aide qui n'a jamais fait défaut au Trarza dans d'autres domaines.
Lui succédant, le représentant de la FLM en Mauritanie, M Jacob Huibert Aantjes, a d'abord souligné le courage de ces mères de famille qui ont abandonné leurs foyers pendant six mois pour aller acquérir des connaissances en énergie solaire au profit de leur commune et même au-delà. «Je trouve cela exceptionnel, surtout dans un milieu rural réputé conservateur. Personne ne pourra dire désormais que la femme mauritanienne ne participe pas au développement de son pays», dit-il. Il a ensuite émis le voau que leur exemple soit suivi par d'autres femmes pour que l'usage de l'énergie solaire soit une réalité en Mauritanie d'une manière générale, et en zone rurale en particulier.
Quant à Mme Houlèye Tall, coordinatrice du programme à la FLM, elle a fait d'abord l'historique du projet avant de s'appesantir sur les critères d'éligibilité pour en bénéficier.
Pour l'énergie solaire, dit-elle, tout village dont les communautés sont de conditions modestes, n'ayant pas d'électricité, et voulant bénéficier d'installation en énergie solaire, devra abriter 100 familles environ, être situé loin de la route et dépendant du pétrole lampant, de torches à batteries ou de bougies pour s'éclairer.
En outre, tous les villageois devraient se réunir et s'engager par écrit à payer pour l'utilisation du système d'énergie solaire. Ce village aura à élire un petit comité de gestion des fonds recueillis, composé d'hommes et de femmes. Une
autre condition voudrait que le village identifie des femmes de conditions modestes à peine éduquées (primaire) entre 35 et 45 ans d'age, bien enracinées dans le terroir, mariées, ou veuves, propriétaires de terres, d'animaux et prêtes à aller suivre une formation en Inde pour six mois. Tout le village devra accepter les femmes proposées.
En ce qui concerne la collecte de l'eau de pluie, le village n'ayant pas une source d'eau régulière devra, pour bénéficier d'une réserve d'eau, s'engager par écrit à contribuer en main-d'oeuvre aux travaux de construction et de transport des matières premières et de prendre en charge les réparations et la maintenance de la réserve d'eau.
Le tabou est brisé Ensuite, ce fut le tour des six femmes bénéficiaires de la formation, croquis, schémas, et dessins industriels à l'appui, de montrer au public impressionné, les connaissances qu'elles ont acquises en énergie solaire. Selon Salka Mint Meissara, la plus enthousiaste de la promotion, «installer un panneau solaire, réparer une batterie en panne, ne sont plus un secret pour nous». En fait, explique cette mère de 50 ans environ, qui a abandonné les études depuis belle lurette, la formation en Inde est plutôt basée sur la pratique que sur la théorie. Dans un jargon mélangé d'anglais et de Hindi, ces braves dames ont brandi avec fierté leurs manuels didactiques tout en louant le système éducatif indien qu'elles jugent efficace car, disent-elles, «il nous a permis d'acquérir tant de connaissances techniques en si peu de temps malgré notre niveau scolaire bas. Nous n'avons rien à envier aujourd'hui à un technicien supérieur en énergie solaire.»
Pour les représentants des coordinations régionales du Brakna et du Gorgol, les femmes du Trarza ont brisé le tabou. Madické Guèye, du Gorgol, pense qu'il dispose maintenant de suffisamment d'arguments pour convaincre les femmes de cette wilaya à aller se former en Inde. «Depuis un an, malgré une vaste campagne de sensibilisation, nous n'avons trouvé que deux candidates au départ qui, malheureusement, se sont désistées à la dernière minute sous la pression de leurs maris».
Quant à M Mohamed Salem Ould Brahim, président du réseau du Brakna, compte tenu du coût exorbitant des hydrocarbures, avec le baril du pétrole brut qui se négocie à plus de 140 dollars, l'usage de l'énergie solaire est une opportunité qu'il faut saisir amplement. Les femmes du Trarza ayant brisé le tabou, rien n'empêche désormais les autres de prendre le chemin de l'Inde ». Il a ensuite ajouté: «notre sainte religion ne l'interdit pas. Le Prophète Mohamed (PSL) invitait les croyants à aller chercher le savoir jusqu'en Chine».
Au cours du riche débat qui a suivi ces exposés, les participants ont, dans leur majorité, salué ce partenariat sud-sud très porteur entre la Mauritanie et l'Inde. C'est la voie que tous les pays en développement doivent suivre.
Ils ont recommandé que le projet d'énergie solaire soit développé et étendu partout où besoin sera. Cette coopération entre la Mauritanie et l'Inde, peut, selon eux, permettre à notre pays de réduire considérablement sa dépendance en énergie vis-à-vis de l'étranger, compte tenu de ses potentialités infinies en matière d'énergie solaire et éolienne.
Plusieurs maires, dont ceux de Ouad Naga et de Keur Macène, ont assisté à cette cérémonie.
Baboütra Diagana

 
Source: AMI/PMD  

 
   

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